lundi 12 novembre 2012

Sur la compétitivité : tribune de Guillaume Balas

Dans le cadre du débat sur le "pacte de compétitivité", je vous recommande la lecture d'un récent communiqué de presse de Guillaume BALAS, secrétaire général d'Un Monde d'Avance :

Compétitivité: ce n’est pas le coût du travail qui est élevé, mais le coût du capital ! par Guillaume Balas

lundi 15 octobre 2012

Refondation de l'Ecole : les premiers arbitrages

 Il s'agissait d'une priorité majeure du candidat François Hollande : la refondation de l'Ecole commence à prendre forme avec les premiers arbitrages suite au rapport de la concertation.

A découvrir sur le site internet de la concertation :

Premiers arbitrages après la remise du rapport de la concertation sur la refondation de l’École de la République

vendredi 20 juillet 2012

Pour une nouvelle culture scolaire

Contribution thématique pour le congrès de Toulouse du PS, 26-28 octobre 2012

Retrouvez et signez cette contribution sur le site du Parti socialiste.

Face au creusement des inégalités et à l’impératif de démocratisation scolaire, François HOLLANDE avait insisté dans son programme sur sa volonté de remettre l’éducation et la jeunesse au cœur de l’action publique. Cet engagement de campagne s’est d’ores et déjà traduit par des annonces budgétaires et, surtout, par le lancement, le 5 juillet 2012 d’une vaste concertation sur la refondation de l’Ecole, sous l’égide des ministres Vincent PEILLON et George PAU-LANGEVIN.

Nous ne prétendons pas aborder ici tous les enjeux de cette refondation. Nous voulons juste insister sur un point. Tout indispensables qu’elles soient, les réformes organisationnelles ne suffiront pas. L’avènement de l’Ecole de masse, les profondes mutations culturelles de nos sociétés et l’impératif démocratique viennent bousculer les certitudes de l’institution. Franchir une nouvelle étape dans la démocratisation de l’Ecole suppose aussi la refondation de la culture scolaire, pour la rendre plus ouverte à la culture vivante et plus apte à la réussite de tous.

François HOLLANDE l’avait pressenti, qui écrivait dans son programme : « Je donnerai la priorité à l’acquisition des savoirs fondamentaux et d’un socle commun de compétences et de connaissances. Nous transformerons, avec les enseignants, les méthodes pédagogiques » (engagement n°37). Dans le cadre de la concertation initiée par le Gouvernement, cet aspect sera traité par le groupe de travail n°1 (la réussite scolaire pour tous) à travers au moins deux thèmes : « la redéfinition du socle commun » et « le renforcement de l’éducation artistique, culturelle et scientifique ».

A quelques mois d’une nouvelle loi d’orientation pour l’Ecole, ces enjeux nous ont semblé suffisamment politiques pour que nous leur consacrions une contribution dans le cadre du congrès de Toulouse.



1.    Ambition et limites du socle commun


Institué par la loi FILLON (2005), le socle commun de connaissances et de compétences a été progressivement mis en œuvre dans les établissements scolaires, notamment depuis 2010 à travers le Livret Personnel de Compétence (LPC). Hélas, cette réforme n’a pas permis de refonder la culture scolaire.

Le socle commun répondait pourtant à une ambition progressiste du législateur, celle de définir « un ensemble de connaissances et de compétences qu'il est indispensable de maîtriser pour accomplir avec succès sa scolarité, poursuivre sa formation, construire son avenir personnel et professionnel et réussir sa vie en société ». Le socle commun devait devenir le cadre de référence de la scolarité obligatoire, fixant des objectifs qui devaient fédérer tous les efforts de l’Education nationale. Ses concepteurs y voyaient aussi l’occasion d’ouvrir davantage les pratiques des enseignants au travail d’équipe interdisciplinaire et à l’approche par compétences, considérés comme plus efficaces dans le traitement des difficultés scolaires.

Mais les contradictions du socle commun étaient inscrites dans la loi elle-même. Il y était tout d’abord précisé que, « parallèlement à l'acquisition du socle commun, d'autres enseignements sont dispensés au cours de la scolarité obligatoire ». Ainsi le socle se concentrait-il sur les « bases », les « fondamentaux », tandis que perduraient des programmes disciplinaires plus étoffés.

De fait, avec d’un côté le LPC et de l’autre des programmes régulièrement mis à jour, la scolarité obligatoire se trouve aujourd’hui dotée d’un double référentiel, qui risque d’accentuer encore les inégalités scolaires. Il est à craindre que pour une partie des élèves et des établissements, le socle ne devienne un horizon indépassable : « le socle pour tout le monde et la statue pour quelques-uns seulement ! » (Philippe MEIRIEU au Café pédagogique, 4/11/2010). Alors que le besoin d’élever le niveau de qualification se fait plus pressant en France, l’école obligatoire renoncerait-elle à préparer tous les jeunes, à égalité, à la poursuite d’études ?

Autre contradiction inscrite dans la loi, « la scolarité obligatoire doit au moins garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l'acquisition d'un socle commun », mais en même temps, cette acquisition par les élèves « fait l’objet d’une évaluation qui est prise en compte dans la poursuite de la scolarité ». La loi fixe donc à l’Ecole une obligation de moyens, mais elle impose en même temps l’évaluation des performances individuelles en cours de scolarité – qui ne se réduit pas à la certification finale du socle.

Avec le LPC, cette obligation d’évaluer les élèves s’est même transformée en une véritable frénésie évaluatrice, la validation des compétences étant programmée en CE1, en CM2 et tout au long de la scolarité au collège. Cette validation vient s’ajouter aux évaluations existantes sans qu’aucune réflexion globale n’ait été menée sur la place et le rôle de l’évaluation à l’Ecole. Elle ne fait sens ni pour les élèves, ni pour les familles, ni même pour beaucoup d’enseignants, pour qui elle représente surtout une tâche administrative supplémentaire, difficilement applicable et assurément chronophage.

Couplé au Programme Personnalisé de Réussite Educative (PPRE), prévu lui aussi par la loi FILLON, le LPC enferme par ailleurs la scolarisation des élèves en difficulté dans une individuation dont la logique s’avère pernicieuse, puisqu’elle encourage à traiter la difficulté scolaire hors de la classe et à la contractualiser avec l’élève et sa famille, qui en deviennent donc responsables.

Dans le même sens, la numérisation des données scolaires du LPC via divers outils ministériels (Base Elève, Sconet, Affelnet etc.), au motif de suivre l’élève du primaire au secondaire, mémorise et rend accessible pour de nombreuses années le passé scolaire d’un élève, figeant une image de son cursus incompatible avec notre vision de l’enfant, personne en construction qui a le droit à l’erreur et à l’oubli. L’informatisation croissante du suivi scolaire appelle donc un meilleur encadrement juridique, une réelle information des familles et une transparence accrue quant aux usages et aux utilisateurs autorisés de ces données.

Outre ces craintes légitimes de « fichage », le LPC pose à vrai dire d’immenses problèmes pédagogiques. Il s’appuie sur une conception instrumentale et linéaire des apprentissages, réduits à une somme fragmentée de compétences déclinées en tâches à accomplir, écrasant des pans entiers de la culture mais incluant des comportements normés (notamment dans les compétences 6 et 7). Le LPC juxtapose des items très disparates, de nature différente et de difficulté diverse, qui n’ont rien de mobilisateur pour les élèves et qui rebutent même les enseignants les plus motivés par l’approche par compétences.

Le LPC marque une véritable régression pédagogique qui ne doit pas surprendre. Car avec la loi d’orientation de 2005, le législateur a renoncé à se donner les moyens d’une réforme en profondeur des enseignements – programmes disciplinaires et méthodes pédagogiques. L’Education nationale a fait l’économie d’une réflexion sur ce que devrait être aujourd’hui une culture scolaire démocratique, une réflexion qui tiendrait compte des avancées de la recherche pédagogique (au-delà d’un behaviorisme éculé) ou encore des profondes mutations culturelles de notre époque (décohabitation des générations, banalisation des nouveaux média, dématérialisation des savoirs, mémoires conflictuelles, crise d’autorité de la culture savante, éclectisme des pratiques culturelles et sociales des jeunes etc.).



2.    Construire une nouvelle culture scolaire

« Les pratiques des arts, des techniques ou des sports, la place considérable des images dans la vie sociale ne rencontrent qu’une faible traduction dans la culture scolaire, alors même que les sciences et les mathématiques ont une visibilité réduite et occupent une place dominante au sein du monde scolaire. Déjà, le plan LANGEVIN-WALLON proposait d’accorder une place conséquente aux « arts du faire », à l’action, à la production et à la fabrication dans tous les domaines du savoir. Or l’école continue de produire des exercices scolaires et des pratiques de travail où un exercice chasse l’autre, aussitôt oublié qu’il est noté. Ni la recherche, ni le questionnement, ni le tâtonnement, ni l’analyse des erreurs n’ont une place suffisante dans nos enseignements »
(Denis PAGET, « Ecole et distance culturelle », in Pour en finir avec les dons, le mérite, le hasard, ouvrage collectif dirigé par le GFEN, La Dispute, 2009)


La « redéfinition du socle commun » voulue par le nouveau Gouvernement doit être l’occasion d’ouvrir avec la communauté éducative un vaste chantier, celui de la construction d’une nouvelle culture scolaire. Cette nouvelle voie devra éviter le manichéisme entre deux attitudes : trop s’adapter aux élèves et à leurs pratiques culturelles en renonçant à toute exigence ou sommer tous les jeunes de rentrer dans la culture des élites. Or il y a place, sans aucun doute, pour une réflexion sur les valeurs, sur les cultures vivantes, sur la chance que nous offre aujourd’hui l’intensification des échanges et des dialogues interculturels.

Cette nouvelle culture scolaire, qu’on la nomme « socle commun » ou « culture commune », pourrait se matérialiser dans un document, véritable référentiel final de la scolarité obligatoire. Ce document ne serait pas destiné aux élèves – assurément il faut abandonner le LPC et sortir les enseignements du culte de la performance individuelle pour les replacer dans une perspective commune. Il s’agirait plutôt d’un document cadre pour les programmes disciplinaires et les projets d’établissement.

Les pistes à creuser sont nombreuses, à commencer par la rénovation des programmes eux-mêmes, pour laquelle seule une concertation très large permettra de s’affranchir des corporatismes. Les programmes doivent être revisités, rendus plus accessibles et mobilisateurs, moins chargés en connaissance à mémoriser, plus ouverts sur les cultures vivantes et la construction de l’identité collective, permettant aussi davantage la réflexion critique et la mise en activité. Un document cadre les rendrait plus cohérents entre eux, pour dégager notamment des objets d’étude favorisant un travail interdisciplinaire qui donne plus de sens aux apprentissages.

Plus profondément, il faut reconfigurer et déhiérarchiser les savoirs scolaires, c’est-à-dire en premier lieu revoir l’importance des horaires affectés aux différentes disciplines, mais aussi prendre en compte de nouveaux champs du savoir et de la culture. Ainsi les jeunes doivent être beaucoup mieux formés à la culture visuelle et médiatique, à la diversité linguistique, au droit ou encore aux méthodes documentaires. La technologie, les disciplines artistiques et l’EPS doivent être revalorisées.

La mission de l’Ecole ne doit pas se réduire à l’acquisition d’une somme de compétences et de connaissances, aussi nécessaires soient-elles. Pour éveiller l’élève à la curiosité, l’aider à structurer sa pensée et à former son jugement, l’Ecole doit valoriser davantage une démarche de projets, individuels et collectifs, encourageant les élèves à exercer leur initiative et leur créativité à travers diverses réalisations, y compris des « chefs d’œuvre » qui soient objets de fierté et puissent être présentés (soutenance, exposition, représentation etc.). La variété des productions dans l’établissement témoignera de l’appropriation par les élèves d’une culture scolaire vivante et fera le lien avec la société, ses artistes, ses experts ses associations. L’Ecole gagnera en outre à développer des voies pédagogiques qui combinent savoirs théoriques et méthodes actives, démarches déductives et inductives, argumentation et arts du faire. 

Cette rénovation de la culture scolaire doit inclure une remise à plat de nos modes d’évaluation, allant vers plus de sobriété – la note chiffrée sur le bulletin n’est probablement pas indispensable avant la 4e – et surtout plus d’efficacité en privilégiant la progression, plutôt que la note sanction. A cet égard, les enseignants gagneraient à être formés à différentes méthodes qu’ils pourraient combiner : notation chiffrée ou par grade, contrat de confiance, approche par compétence, évaluation en deux temps etc.

Ce grand chantier appellera quelques bouleversements dans l’organisation des enseignements, dans les processus d’orientation, dans le rapport des jeunes et des adultes à l’Ecole, dans la formation pédagogique des enseignants… Mais seule une refondation de la culture scolaire peut donner sens et cohérence à ces bouleversements.


Premiers signataires :
Laurent TOUZET (secrétaire fédéral à l’éducation, maire adj. Paris 12e), Hazim ABBAS (75), Pierre ARNOUX (75), Violette ATTAL-LEFI (maire adj. Paris 12e), Dominique AUBRY (75), Guillaume BALAS (président du groupe socialiste au Conseil régional d’Île-de-France), Cyril BELIER (75), Muriel BLAISSE (secrétaire de section, Paris 9e), Amine BOUABBAS (75), Evelyne BOULONGNE (75), Pascal CHERKI (député, maire, Paris 14e), Gabrielle CHAMARAT (75), Jean-Louis CHAPUIS (93), Patrick CLASTRES (animateur du groupe « Savoirs et émancipation » du Laboratoire des Idées), Alain CORLET (75), Mathieu DELMESTRE (75), Françoise DUMONT (75), Capucine EDOU (75), Odile GAILLARD (Maire adj. Athis Mons, 91), Emmanuel GREGOIRE (secrétaire de section, Paris 12e), Jean-Pierre GRYSON (75), Sébastien gué (75), Liliane GUIGNARD-GISSELBRECHT (secrétaire fédérale adjointe à l’éducation, 75), Vincent JAROUSSEAU (maire adj. Paris 14e), Aurélie KIENE (75), Egmont LABADIE (75), Simone LANDRY (75), Philippe LEPEUDRY (75), Louise MAISONS (75), Christiane MARCAILLOU (75), Mathieu MARIE (conseiller municipal de Guénange, 57), Delphine MAYRARGUE (secrétaire nationale adjointe au travail et à l’emploi), Laurent MIERMONT (maire adj. Paris 13e), Jean-François MINOT (75), Rodolphe MONGUE-DIN (75), Claire MOREL (conseillère de Paris), Olivia NGON (75), Carine PETIT (maire adj. Paris 14e), Jean-Louis PIEDNOIR (secrétaire de section, ministère de l’éducation nationale, 75), Bastien RECHER (secrétaire fédéral à l’animation politique, 75), Marie-Claude RICHET (75), Anne-Marie ROMERO (75), Michel ROUSSELOT (75), Audrey SAUNION (75), Isabelle SIMON (75), Ambroise SOLOMON (75) Laurent SOUCHARD (93), André STAROPOLI (75), Véronique STEPHAN (75), Gérard SÜSS (75), Guy TABACCHI (conseiller d’arrondissement, Paris 12e).

jeudi 10 mai 2012

Hollande et l’appel aux peuples : un tournant pour la social-démocratie ?

Photo : Elsa Peinturier pour le PS

 « Dans toutes les capitales, au-delà des chefs d’Etat et de gouvernement, il y a des peuples qui grâce à nous espèrent, regardent vers nous, et veulent en terminer avec l’austérité. Voilà mon message : vous êtes bien plus qu’un peuple qui veut changer, vous êtes déjà un mouvement qui se lève partout en Europe et peut-être dans le Monde, pour porter nos valeurs, nos aspirations et nos exigences de changement ».


 
J’étais place de la Bastille dans la nuit du 6 mai et j’ai entendu cet appel aux peuples prononcé par François Hollande. Passé inaperçu dans les médias, cet appel m’a touché. Non pas tant qu’il renouait avec une geste révolutionnaire et internationaliste dont le candidat socialiste avait jusqu’ici laissé l’usage à son adversaire du Front de Gauche. Il m’a bien plus touché par le sens qu’il donnait à la victoire de François Hollande : une nouvelle et large brèche s’ouvre dans le consensus libéral, rendant possible la « réorientation de l’Europe » dont François Hollande a fait l’un de ses thèmes de campagne. Mon propos laissera les uns dubitatifs, les autres railleurs. À vrai dire, je n’ignore pas la prépondérance des forces conservatrices aujourd’hui en Europe, ni le parcours de ce proche de Jacques Delors que fut François Hollande. Et pourtant…

Ne sous-estimons pas le chemin parcouru. La crise de 2008 et ses conséquences en cascade – en Grèce notamment – n’ont pas peu contribué à faire évoluer les socialistes français vers des positions que seule leur aile gauche défendait quelques années plus tôt. N’oublions pas que c’est le leader du OUI socialiste au TCE en 2005, qui en 2012 mène une campagne présidentielle victorieuse sur la réorientation de la construction européenne, s’engageant à renégocier un traité déjà signé par 25 Etats membres à l’initiative du couple franco-allemand ! Cette irruption inédite du thème européen dans une campagne présidentielle, c’est aussi la reconnaissance par les socialistes que l’Europe de Jacques Delors n’a pas tenu toutes ses promesses : le marché commun et l’union monétaire n’ont pas donné naissance à l’Europe sociale, la méthode communautaire bipartisane a fait long feu.

Le défi n’est pas mince qui attend François Hollande. Si son appel à un « pacte de croissance » trouve déjà beaucoup d’écho en Europe, les conservateurs l’entendent surtout comme un appel à libéraliser davantage les services et le marché du travail. Ils refusent catégoriquement de renégocier le pacte de rigueur budgétaire. Or pour le nouveau président français, hostile à la constitutionnalisation d’une « règle d’or » budgétaire et critique vis-à-vis de la rigueur imposée notamment aux Grecs, l’indispensable relance de la croissance passe au contraire par une réorientation du rôle de la BCE et par le financement de grands projets européens via la création d’euro-obligations, l’augmentation du capital de la banque européenne d’investissement et la taxation des transactions financières.

Si certains dans l’équipe présidentielle pourraient être tentés – face à l’offensive des marchés financiers contre la zone euro – par un compromis au rabais incluant la ratification du traité budgétaire du 2 mars, le président de la République paraît décidé à l’épreuve de force avec la chancelière allemande. Il sait qu’il pourra s’appuyer sur des peuples européens de plus en plus hostiles à la rigueur, qui l’expriment dans les urnes et dans les rues, et qui pourraient à nouveau se faire entendre à l’occasion du processus de ratification enclenché par les Etats. Un référendum est ainsi prévu en Irlande dès le 31 mai et en Allemagne même, Angela Merkel aura besoin des voix du SPD pour assurer la ratification parlementaire du traité. Car c’est là aussi que beaucoup va se jouer, au sein d’une social-démocratie européenne affaiblie par ses échecs et tentée de voir dans la victoire de François Hollande la voie de son redressement.
 
Hélas, sous l’effet de la crise financière et du ras-le-bol social, la construction européenne tangue. L’euro est en difficulté tandis que la contestation populaire gronde, ouvrant la voie au réveil des nationalismes. Une réorientation s’impose et la renégociation du traité budgétaire voulue par François Hollande – qui n’est déjà pas une mince affaire – n’y suffira pourtant pas. Tout d’abord, le poids de la dette dans certains pays est tel que la question de sa légitimité ne pourra être éludée plus longtemps. Surtout, le Parti Socialiste Européen (PSE), en lien avec ses divers partenaires, doit urgemment franchir une nouvelle étape dans la construction d’un projet commun pour réorienter l’Europe. Outre la relance économique, la priorité doit être à la convergence des normes sociales et fiscales, à la régulation de la finance, à la protection des services publics, à la démocratisation accrue des institutions de l’UE ainsi qu’à un plus juste échange dans le commerce international. C’est une question de justice vis-à-vis des peuples, et c’est une question de survie pour l’idéal européen.

Lionel Jospin lui-même notait sur France Inter le 8 mai dernier : « Nous n’aurions pas pu gagner avec le programme de Jean-Luc Mélenchon. Mais si les socialistes ou la gauche au pouvoir appliquent la politique de Papandréou, de Zapatero ou de Socrates, nous échouerons ». A l’heure où beaucoup de commentateurs observent, dans la victoire de François Hollande, le virage social-démocrate du socialisme français, peut-être faut-il surtout y voir le début du virage à gauche de la social-démocratie européenne.

jeudi 19 avril 2012

Avec François Hollande, remettre l’éducation et la jeunesse au cœur de la République !

La finance et la crise sociale auront dominé les débats de cette campagne présidentielle, occultant une autre dimension de ce scrutin : il est un choix de société entre deux projets antagonistes pour l’éducation nationale.

De Nicolas Sarkozy, nous connaissons le triste bilan, avec des établissements scolaires déstabilisés par un désinvestissement financier massif (77 000 postes supprimés en cinq ans), par l’assouplissement de la sectorisation au nom du « libre choix » et par la mise à mal de la formation des enseignants dont le recrutement est aujourd’hui en crise. Au final « des parents inquiets, des élèves parfois en souffrance, des professeurs fatigués (…), des classes surchargées (…) et surtout l’échec scolaire, inacceptable ! » (François Hollande le 9 février 2012 à Orléans) – on estime que 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans diplôme.

De Nicolas Sarkozy, nous aurions tort d’ignorer le projet : réhabilitation de valeurs comme « l’autorité » ; poursuite des suppressions de postes dans le secondaire où le temps de travail des enseignants serait fortement allongé en échange d’une meilleure rémunération ; autonomie administrative et mise en concurrence des établissements (recrutement local des enseignants…) ; fin du collège unique avec des classes pré-professionnelles dès la 4e et l’apprentissage dès 14 ans. Bref une régression programmée du niveau d’études – a contrario des besoins de notre pays – et une libéralisation assumée de notre système éducatif, qui ne pourra qu’accroître encore les inégalités et mettre à mal le pacte républicain ! 

A contrario, si François Hollande a mis l’éducation et la jeunesse au cœur de son projet présidentiel, ce n’est pas seulement pour renouer avec un thème identitaire pour la gauche socialiste, attachée à l’émancipation républicaine par les savoirs et la culture à travers un grand service public d’éducation. C’est aussi que l’éducation et la jeunesse sont la condition du redressement de notre pays, la condition, aussi, de notre cohésion nationale.

Encore faut-il s’en donner les moyens ! Précisément, dans le cadre d’un objectif global de redressement des finances publiques, François Hollande s’engage à investir dans l’éducation pour préparer l’avenir. 60 000 postes supplémentaires seront ainsi créés (12 000 par an), pas seulement de professeurs, mais de surveillants, d’infirmières, d’assistantes sociales… Ils permettront notamment l’accompagnement personnalisé des élèves les plus en difficulté. Priorité sera donnée aux écoles maternelles – où les enfants de moins de trois ans pourront être accueillis – et aux écoles élémentaires, car c’est là que l’échec scolaire se forme. Priorité sera donnée aussi aux zones les plus en difficulté (éducation prioritaire) ainsi qu’à la réforme des premiers cycles universitaires (encadrement pédagogique renforcé et allocation d’études). Les moyens supplémentaires permettront enfin de rétablir une vraie formation initiale et continue des enseignants, incluant une année de stage. Une partie des enseignants seront pré-recrutés dès la licence.

Outre les moyens, des transformations du système éducatif s’imposent pour mieux faire réussir les élèves, dans le cadre renforcé d’une scolarité commune jusqu’en fin de 3e. Les rythmes scolaires doivent ainsi être revus dans l’intérêt des enfants : allongement de l’année scolaire pour alléger la journée en classe et inclure les devoirs dans le temps passé à l’école. Les méthodes pédagogiques sont à reprendre au collège et au lycée : programmes remodelés, travail en équipe, implication des élèves… L’enseignement technologique et professionnel doit être renforcé et valorisé, et ses bacheliers avoir un accès privilégié aux STS et aux IUT. Les élèves doivent être aussi accompagnés par un service public de l’orientation unifié du secondaire jusqu’au supérieur.

C’est au final « un nouveau pacte éducatif entre l’école et la nation » que propose François Hollande, pour remettre l’éducation et la jeunesse au cœur de notre république.
Il en annonce aussi la méthode et le calendrier : collectif budgétaire dès juillet pour pallier les carences les plus flagrantes de la rentrée 2012, puis négociations avec les partenaires éducatifs pour proposer dès l’automne au Parlement deux nouvelles lois, l’une d’orientation, l’autre de programmation. Reste à voter François Hollande dès le 22 avril !

jeudi 29 mars 2012

Semaine du développement durable dans le 12e


À l'occasion de la Semaine du Développement Durable du 31 mars au 7 avril la Mairie du 12e vous propose :


Samedi 31 mars à 10h
Réunion publique du Conseil de quartier Bel Air Sud
Jardins, composts et plantes sauvages, des éco-actions à votre portée
Ecole élémentaire - 83, avenue du Général Michel Bizot


Mercredi 4 avril à 15h
Inauguration du Jardin Partagé thérapeutique La Note Bleue
Square Rossif - 177, rue de Charenton


Du 31 mars au 7 avril
Exposition Consommons responsable
Découvrez le parcours d'un produit agricole du champ à l'assiette
Hall de la Mairie du 12e


Samedi 7 avril
Balade commentée à la découverte des espaces verts du 12e avec l'association Graine de Partage
Rendez-vous à 10h devant l'Opéra Bastille

Samedi 7 avril
Conférence : Techniques de gestion écologique au jardin
À 14h30 à la Maison du Jardinage - Parc de Bercy - 41, rue Paul Belmondo



Et retrouvez en ligne la vidéo pédagogique sur l'alimentation responsable créée par l'association Le Temps Presse.

samedi 24 mars 2012

Pour un audit citoyen de la dette publique !


Lundi 26 Mars à 20h00
Réunion publique à la Mairie du 12e
Collectif pour un audit citoyen de la dette publique Paris-12e
Mairie du 12e, 130 avenue Daumesnil, M° Montgallet  ou Dugommier

Réunion animée par Christian Celdran,
membre du comité de coordination nationale du Collectif citoyen pour un audit de la dette, et du conseil scientifique d'Attac France



Appel pour un audit citoyen de la dette publique :
http://www.audit-citoyen.org/
Collectif 12e : cac75012@audit-citoyen.org

"Écoles, hôpitaux, hébergement d'urgence… Retraites, chômage, culture, environnement... nous vivons tous au quotidien l'austérité budgétaire et le pire est à venir. « Nous vivons au-dessus de nos moyens », telle est la rengaine que l'on nous ressasse dans les grands médias.

Maintenant « il faut rembourser la dette », nous répète-t-on matin et soir. « On n’a pas le choix, il faut rassurer les marchés financiers, sauver la bonne réputation, le triple A de la France ».

Nous refusons ces discours culpabilisateurs. Nous ne voulons pas assister en spectateurs à la remise en cause de tout ce qui rendait encore vivables nos sociétés, en France et en Europe. 

Avons-nous trop dépensé pour l’école et la santé, ou bien les cadeaux fiscaux et sociaux depuis 20 ans ont-ils asséché les budgets ? 

Cette dette a-t-elle été toute entière contractée dans l'intérêt général, ou bien peut-elle être considérée en partie comme illégitime ? 

Qui détient ses titres et profite de l'austérité ? Pourquoi les États sont-il obligés de s'endetter auprès des marchés financiers et des banques, alors que celles-ci peuvent emprunter directement et pour moins cher à la Banque centrale européenne ?
Nous refusons que ces questions soient évacuées ou traitées dans notre dos par les experts officiels sous influence des lobbies économiques et financiers. Nous voulons y répondre nous-mêmes dans le cadre d'un vaste débat démocratique qui décidera de notre avenir commun.

En fin de compte, ne sommes-nous plus que des jouets entre les mains des actionnaires, des spéculateurs et des créanciers, ou bien encore des citoyens, capables de délibérer ensemble de notre avenir ? 

Nous décidons d'engager le débat et de nous mobiliser dans nos villes, nos quartiers, nos villages, nos lieux de travail, en lançant un vaste audit citoyen de la dette publique. 

Nous créons au plan national et local des collectifs pour un audit citoyen, avec nos syndicats et associations, avec des experts indépendants, avec nos collègues, nos voisins et concitoyens.

Nous allons prendre en main nos affaires, pour que revive la démocratie."