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samedi 5 janvier 2013

Concertation sur la Petite Ceinture : imaginons la Ville d’après


Jardin partagé du square Charles Péguy
Cheminer le long de la Petite Ceinture avec Nicolas Chaudun (Le Promeneur de la Petite Ceinture, Actes Sud, 2003) relève à la fois du voyage poétique, du parcours d’embûches et d’une plongée dans l’histoire des faubourgs parisiens. L’écrivain à bicyclette offre ainsi une belle introduction à qui s’interroge sur le devenir de la Petite Ceinture, cette friche ferroviaire exceptionnelle qui trace son sillon à travers la Ville, déroulant ses paysages insolites et constituant un havre de paix pour la biodiversité.

Depuis vingt ans que le trafic ferroviaire a cessé, le devenir de la Petite ceinture est une interrogation récurrente des Parisiens. Élus socialistes du 12e, nous avons affiché de longue date notre ambition à ce sujet, notamment dans nos programmes électoraux : faire de la Petite Ceinture un espace vert public qui prolonge la Promenade plantée jusqu’au Boulevard Soult, et à terme jusqu’à la Seine, tout en préservant son caractère actuel de corridor écologique.

Or 2013 offre de nouvelles opportunités concernant le tronçon de la Petite Ceinture situé entre le Cours de Vincennes et la rue de Charenton. L’arrivée du tramway dans le 12e, sur les boulevards des maréchaux, confirme en effet l’absence de vocation ferroviaire de ce tronçon, que l’on retrouve affirmée dans un récent rapport de l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR) rédigé en lien avec Réseau Ferré de France (RFF) aujourd’hui propriétaire de cet espace. Ce rapport ouvre la voie à un déclassement en voie ferrée de ce tronçon et à son aménagement urbain. Quant au tronçon de la rue de Charenton à la Seine, son avenir est à envisager en lien avec le projet du nouveau quartier Bercy-Charenton.

2013 marque aussi l’expiration du protocole qui lie RFF et la Ville de Paris depuis 2006 pour permettre l’ouverture au public de certains tronçons et la mise en valeur concertée des emprises de la Petite Ceinture, selon un principe de réversibilité permettant une reprise éventuelle du trafic ferroviaire. Ce protocole a permis d’ouvrir des promenades dans le 16e et bientôt dans le 15e. En outre, des chantiers d’insertion interviennent désormais pour entretenir les emprises. Dans notre arrondissement, il a abouti à l’ouverture du « sentier nature » qui prolonge le square Charles Péguy, le long de la Petite Ceinture, et accueille un jardin partagé animé par l’association Graine de Partage. Un nouveau jardin partagé vient aussi d’ouvrir au pied de la Petite Ceinture rue Claude Decaen.

Afin de préparer le renouvellement du protocole, la Ville de Paris et RFF ont souhaité organiser une concertation sur l’avenir de Petite Ceinture, dont vous retrouverez le détail sur ce site internet participatif. La Mairie du 12e est partie prenante de cette concertation : nous organiserons notamment dans l’arrondissement des marches exploratoires ainsi qu’une réunion publique en mairie du 12e le jeudi 7 février (détails prochainement publiés sur le site de la mairie).

Dans une récente interview, Anne Hidalgo décrivait de façon stimulante sa propre vision de l’avenir de la Petite Ceinture. La première adjointe au Maire de Paris invite aujourd’hui les Parisiens au même exercice. Que voulons-nous demain pour la Petite Ceinture ? Quels usages, quels aménagements ? Quel équilibre entre préservation du patrimoine, enjeux écologiques et nouveaux usages urbains ? Quelle place pour les riverains, les associations, les entreprises ?

Soyons donc nombreux à exprimer notre vision de l’avenir de la Petite Ceinture. En 2013, imaginons la Ville d’après !


mardi 4 décembre 2012

Actualisation du Plan Climat-Energie de Paris

+2°C... Paris s'invente! - Collectif "Et alors?"

Le Conseil du  12e arrondissement a approuvé hier l'actualisation du Plan Climat-Energie de la Ville de Paris. J'étais le principal rapporteur de cette délibération. Voici le texte de mon intervention en conseil :



« Chers collègues le réchauffement climatique ne fait plus débat pas plus que l’épuisement programmé des ressources énergétiques fossiles. Vous le savez les villes sont au coeur de ces processus de réchauffement climatique et d’épuisement énergétique. Elles sont notamment les principales émettrices de gaz à effet de serre, les principales consommatrices d’énergie et elles sont aussi les plus exposées au réchauffement climatique et aux risques induits. Une étude a été publiée récemment par la Ville de Paris au mois d’octobre, réalisée en lien avec Météo France. Elle rappelle qu’il est à prévoir pour Paris une hausse des températures d’ici la fin du XXIème siècle de 2° à 4° supplémentaires avec surtout le développement des phénomènes caniculaires. La canicule de 2003 devrait être considérée d’ici la fin du siècle comme un phénomène habituel en été. Cette étude a aussi mis en évidence le phénomène d’îlots de chaleur en agglomération, variables selon les quartiers et les rues.

Face à ce constat, nous possédons dans la Ville de Paris d’un plan climat qui date de 2007. Il est issu d’une démarche engagée dès 2005 en associant l’ensemble des acteurs concernés avec une phase de concertation, un livre blanc puis l’adoption du plan à l’unanimité en Conseil de Paris en 2007. Ce plan climat fixe des objectifs ambitieux avec le facteur 4 d’ici 2050 soit une division par 4 des émissions de gaz à effet de serre, de la consommation énergétique. Pour travailler à moyen terme, ce plan climat fixe des objectifs d’ici 2020. D’ici 2020, 25% de réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2004 qui est la référence, 25% de réduction de la consommation énergétique et atteindre une part d’énergie renouvelable ou de récupération de 25% dans notre consommation énergétique parisienne pour le territoire parisien. Le plan climat fixe aussi des objectifs un peu plus ambitieux soit 30% de réduction pour les mêmes critères concernant le patrimoine et les compétences propres à la Ville de Paris.


Nous sommes aujourd’hui amenés à actualiser ce plan climat. Il faut d’abord faire un premier bilan qui est plutôt encourageant du point de vue des chiffres. Si nous reprenons les objectifs qui sont ceux du plan climat, nous constatons qu’entre 2004 et 2009 (points de références car des bilans carbone de la ville ont été réalisés ces années-là). En 2009 soit deux ans après le vote du plan climat nous avons déjà atteint une réduction de 2% des émissions de gaz à effet de serre de la ville et une réduction de 5% de sa consommation énergétique à l’échelle du territoire parisien, et nous sommes passés de 10% à 12% d’énergie renouvelable dans la consommation énergétique du territoire parisien. Tout cela certes dans une période où le prix des énergies fossiles ont flambé incitant les Parisiens à plus d’économies mais une période où en même temps la population parisienne n’a cessé d’augmenter ce qui relativise le constat ci-avant. En 10 ans Paris a gagné 100 000 habitants de plus.


Je parlais d’un contexte particulier depuis 2007-2008 à savoir un contexte de crise économique. Pourtant la ville continue d’investir massivement. Les interventions de mes collègues l’illustreront pour le 12ème arrondissement. J’insisterai rapidement sur les efforts en termes de rénovation thermique avec plus de 4 500 logements sociaux concernés par an, avec un plan de rénovation thermique de 100 écoles actuellement en cours de réalisation. J’évoquerai aussi en termes d’investissement les 25 000 m² de panneaux solaires réalisés, la création d’un puits de géothermie à Paris Nord Est, et surtout l’ambitieuse politique de déplacement et de transport de marchandises sur laquelle ma collègue Catherine BARATTI-ELBAZ reviendra, le transport étant le secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre.


J’insiste sur ce que nous sommes en train de vivre à Paris c’est-à-dire un véritable changement de paradigme avec ce plan climat dans le sens où désormais il s’agit d’inscrire les objectifs de développement durable au coeur des missions de la ville. Cela a amené d’abord l’administration parisienne à prendre en charge ces objectifs. Il faut faire évoluer les mentalités et les pratiques au sein même de l’administration. Evoquons par exemple le plan de déplacement de l’administration parisienne qui est un bouleversement pour les agents parisiens. Le plan climat a été petit à petit intégré à tous les nouveaux projets urbains et mon collègue François PELLEGRI en parlera. Des cahiers des charges environnementales sont désormais intégrés à tous nos marchés publics avec des exigences de plus en plus fortes en matière de lutte contre le réchauffement climatique. En mairie du 12ème nous menons des actions ambitieuses en termes d’isolation du bâti, de remplacement de fenêtres, de remplacement progressif des éclairages, de travail sur nos consommations en eau et d’affichage, en effet dans le cadre de la campagne « display » nous affichons à l’entrée les performances énergétiques et environnementales de l’Hôtel de Ville du 12ème. Nous allons aussi nous inscrire prochainement dans la campagne « Netsin énergie » qui est une expérimentation permettant de suivre au quotidien les consommations de notre mairie d’arrondissement que ce soit pour l’énergie ou encore les émissions de CO2.


Au-delà de l’administration parisienne, je dis cela car l’administration parisienne ne travaille peut-être que sur 5% du développement durable parisien. Peut-être qu’elle influence sur 15% du développement durable mais il n’y aura pas réel progrès en termes de lutte contre le réchauffement climatique si nous ne mobilisons pas aussi l’ensemble des acteurs parisiens et si nous ne travaillons pas à faire évoluer les comportements. C’est le sens du plan de prévention des déchets, de la création dans le parc de Bercy de l’agence parisienne du climat qui accompagne les particuliers, les associations, les entreprises dans leur démarche de développement durable.


C’est ce changement de paradigme que nous souhaitons poursuivre. La question pour nous ce soir est de savoir ce qui change dans cette actualisation du plan climat énergie. Il s’agit d’abord d’une actualisation par rapport au nouveau cadre légal. Désormais la loi oblige toute collectivité de plus de 50 000 habitants à adopter un plan climat énergie territorial. Nous inscrivons notre plan climat de 2007 dans ce cadre légal. L’autre évolution concerne le souci encore plus fort de rendre ce plan climat toujours plus opérationnel. Dans les prochains mois, ce plan climat sera décliné en carnets stratégiques opérationnels sur les différents thèmes en collaboration avec les acteurs concernés (logement, grand tertiaire, énergie). Vous avez d’ores et déjà pu constater l’élaboration en annexe de la délibération un carnet de l’administration parisienne.


A terme, l’opérationnalité de ce plan climat consistera en la révision du PLU ainsi qu’en la création de cahiers des charges avec les bailleurs sociaux et ainsi de suite. Autre changement important inscrit dans cette actualisation du plan climat, il s’agit de franchir un palier dans la mobilisation de l’ensemble des acteurs parisiens et même de la métropole car le développement durable s’envisage à l’échelle de la métropole. En annexe vous trouverez un modèle de chartes partenariale avec les acteurs qui s’engagent dans la dynamique du plan climat. Nous souhaitons développer ces partenariats et travailler davantage à l’échelle métropolitaine notamment sur la question des réseaux de chaleur. Je laisse soin à mes collègues de développer les grandes orientations thématiques de ce plan climat. J’insisterai sur une priorité majeure à savoir le secteur des transports. Des annonces ont déjà été réalisées à ce sujet lors du dernier Conseil de Paris par le Maire de Paris. A travers ce plan climat apparaît la volonté de la part de la Ville de Paris d’élaborer une véritable stratégie d’adaptation aux risques climatiques. Il faut éviter que le réchauffement climatique n’augmente encore plus, prévoir ce réchauffement et s’y préparer notamment grâce au développement de la végétalisation urbaine. Il s’agit d’un moyen prioritaire pour limiter les effets des épisodes caniculaires et des îlots de chaleur mis en avant par l’étude dont je parlais tout à l’heure.


Je terminerai cette présentation générale en insistant sur le fait que le changement climatique est une crise écologique majeure mais c’est aussi une crise qui nous invite à trouver rapidement des solutions pour adapter durablement la Ville à ce phénomène de réchauffement climatique. Certains d’entre vous ont peut-être pris connaissance de l’exposition Paris +2° qui s’est d’abord déroulée au parc de Bercy puis en mairie du 12ème et qui invitait des architectes à imaginer ce que serait Paris d’ici la fin du siècle dans le cadre d’une température moyenne de +2°. En voyant ces panneaux, nous nous disions qu’inventer une ville durable est évidemment inventer une ville plus résiliente mais aussi inventer une ville plus désirable et c’est aussi le défi qu’il faut que nous nous donnions avec ce plan climat. »

jeudi 29 mars 2012

Semaine du développement durable dans le 12e


À l'occasion de la Semaine du Développement Durable du 31 mars au 7 avril la Mairie du 12e vous propose :


Samedi 31 mars à 10h
Réunion publique du Conseil de quartier Bel Air Sud
Jardins, composts et plantes sauvages, des éco-actions à votre portée
Ecole élémentaire - 83, avenue du Général Michel Bizot


Mercredi 4 avril à 15h
Inauguration du Jardin Partagé thérapeutique La Note Bleue
Square Rossif - 177, rue de Charenton


Du 31 mars au 7 avril
Exposition Consommons responsable
Découvrez le parcours d'un produit agricole du champ à l'assiette
Hall de la Mairie du 12e


Samedi 7 avril
Balade commentée à la découverte des espaces verts du 12e avec l'association Graine de Partage
Rendez-vous à 10h devant l'Opéra Bastille

Samedi 7 avril
Conférence : Techniques de gestion écologique au jardin
À 14h30 à la Maison du Jardinage - Parc de Bercy - 41, rue Paul Belmondo



Et retrouvez en ligne la vidéo pédagogique sur l'alimentation responsable créée par l'association Le Temps Presse.

mardi 15 novembre 2011

Bois de Vincennes, Petite Ceinture, Bercy-Charenton : faux débats et vrais enjeux de la Biodiversité dans le 12e

Préparé dès 2010 – année internationale de la biodiversité – le Plan Biodiversité de Paris est soumis ce 15 novembre au Conseil de Paris. C’est une feuille de route ambitieuse, qui a notamment reçu l’avis favorable du Conseil du 12e arrondissement. La biodiversité urbaine n’a pourtant rien d’une évidence politique. Pour le grand public, elle se réduit souvent aux seules terres lointaines menacées de déforestation et aux espèces animales emblématiques en voie de disparition – thon rouge, ours polaire ou récifs coralliens. Paris abrite pourtant plus de 2000 espèces de plantes sauvages et de champignons, et autant d’espèces animales ! En France, la récente Stratégie Nationale de la Biodiversité, qui institutionnalise les trames vertes et bleues, semble elle-même ignorer l’importance des villes. Elles regroupent pourtant les ¾ de la population et ont impact non seulement sur leurs territoires mais bien au-delà par leur effet barrière – or Paris est situé à carrefour biogéographique majeur – ou encore par les politiques d’achats des municipalités.

Si la biodiversité urbaine n’a rien d’une évidence politique, c’est aussi qu’elle invite à des arbitrages délicats au détriment d’autres usages citadins ; des arbitrages néanmoins assumés et revendiqués par la gauche parisienne ! Ainsi, quoi qu’en dise dans ses tracts la sénatrice et conseillère régionale Chantal Jouanno, le Bois de Vincennes est un espace boisé classé que la municipalité s’attache à préserver et à renforcer. Dès 2003, Bertrand Delanoë signait avec les maires des communes riveraines une Charte d’aménagement durable du Bois. C’est dans ce cadre que beaucoup d’espaces ont été replantés, à un rythme nettement plus important que celui des abattages, et que des voies au centre du Bois ont été fermées à la circulation automobile – non sans protestations – pour être rendues à la nature et à la promenade. Comme progressivement l’ensemble des espaces verts parisiens, le Bois de Vincennes est passé en gestion différenciée, avec l’arrêt des produits issus de la chimie de synthèse, la plantation d’essences indigènes et la création d’îlots d’évolution naturelle où l’intervention humaine est réduite au minimum. La gestion du Bois est encadrée depuis 2010 par la certification environnementale ISO 14001.

Le Plan Biodiversité ne se contente pas de préserver l’existant. Il prévoie notamment de requalifier la « ceinture verte » de Paris : une vieille ambition née du démantèlement des fortifications, mais largement entamée depuis les années 1930 par les besoins en logement social, en équipements divers, puis par la construction du Périph’. A l’échelle fine, cette requalification passe par un renforcement du réseau vert sur tous les espaces : centres sportifs, cimetières, voirie, espaces intérieurs des îlots de logements, talus du Périph’ etc. D’ores et déjà l’arrivée du Tramway dans le 12e est l’occasion de renforcer la trame verte des boulevards Soult et Poniatowski par la pose de gazon le long des rails et par des arbres d’alignement plus nombreux et variés – quatre plantés pour trois abattus et une vingtaine d’espèces supplémentaires. Par ailleurs, dans le cadre du GPRU de la Porte de Vincennes, des ponts végétalisés vont être aménagés au-dessus du Périph’. Ces mêmes quartiers devront aussi bénéficier des multiples dispositions innovantes prévues par le Plan Biodiversité, à l’image des 7 ha nouveaux de toitures végétalisées qui doivent être créés à Paris d’ici 2020, incluant au moins 15 jardins en terrasse.

A une échelle plus large, le renforcement de la « ceinture verte » devra s’appuyer sur la Petite Ceinture ferroviaire qui représente dans le 12e plusieurs hectares d’espaces verts à ciel ouvert. En concertation avec Réseau Ferré de France (RFF), le rôle de corridor écologique de la Petite Ceinture devra être pérennisé tout en ouvrant cet espace à de nouveaux usages publics. Le tronçon aménagé dans le 16e (1,5 km), celui prévu dans le 15e (1,3 km) ou encore les aménagements existants le long de la Petite Ceinture dans le 12e – sentier nature du jardin Charles Péguy et projet de jardin partagé rue Claude Decaen – préfigurent ce que pourrait être dans notre arrondissement une Petite Ceinture à la fois réserve de biodiversité et sentier de promenade. Dans la perspective du renouvellement de la convention cadre entre la Ville de Paris et RFF, un vœu a été adopté en ce sens par le Conseil du 12e arrondissement (séance du 7/11/2011).

A l’échelle métropolitaine, le renforcement de la « ceinture verte » passe par l’intégration de la biodiversité aux objectifs d’aménagement du secteur Bercy-Charenton. En effet la Ville de Paris a lancé en 2009, en lien avec la Ville de Charenton, la SNCF et RFF, une réflexion urbaine d’ensemble sur ce vaste secteur de 60 ha en vue d’y créer un nouveau quartier. Le Plan Biodiversité en fait un secteur pilote où sera expérimentée l’intégration des enjeux de biodiversité à chacune des phases d’aménagement. L’objectif est double : d’une part renforcer les trames vertes et bleues dans ce secteur en reliant entre eux le Bois de Vincennes, la Petite Ceinture, le Parc de Bercy et la Seine ; d’autre part construire pour la biodiversité à Paris un cahier des charges type s’imposant progressivement aux aménageurs.

A travers la création d’un observatoire de la biodiversité à Paris, le Plan Biodiversité vise aussi à développer, fédérer et diffuser les connaissances et les initiatives en la matière. L’implication des acteurs locaux – citoyens, associations, conseils de quartier – est notamment fondamentale. Ainsi le Conseil de quartier de Jardin de Reuilly a-t-il récemment organisé une réunion publique autour d’initiatives innovantes : compostage et jardin d’immeuble au 107 rue de Reuilly, jardin d’insertion Le Nid rue George et Maï Politzer, futur jardin partagé dans le square Frédéric Rossif, projet de rucher au jardin de Reuilly (Graine de Partage)… La biodiversité n’est pas qu’un sujet scientifique, c’est aussi un enjeu citoyen dont les habitants du 12e sont de plus en plus nombreux à se saisir !

A cet égard, la droite locale serait bien inspirée de ne pas dévoyer l’enjeu de la biodiversité. Lorsqu’au Conseil de Paris Valérie Montandon, élue UMP du 12e, demande au nom du Plan Biodiversité le retrait du projet d’aire d’accueil des gens du voyage et le déplacement de la célèbre Foire du Trône hors du Bois de Vincennes ; ou lorsque l'ancienne secrétaire d'Etat à l'écologie Chantal Jouanno se fend d’un tract aux habitants déclarant « le Bois de Vincennes en danger » pour les même motifs (elle y ajoute le foyer temporaire Adoma) ; l’une et l’autre renouent avec les vieux réflexes exclusifs de la Droite, combinés au fameux syndrome NIMBY décrit par les sociologues –  Not In My Back Yard. Plutôt que d’instrumentaliser l’écologie en déformant les faits, Mesdames Montandon et Jouanno gagneraient à dire franchement que contrairement à la Majorité municipale, elles ne veulent avoir dans le 12e ni gens du voyage, ni forains ni travailleurs migrants. La biodiversité mérite mieux que ces faux semblants, les habitants du 12e méritent mieux que ces faux débats et ces mauvais procès. 

mardi 11 janvier 2011

Bonne année sylvestre !


Quand l’ONU promeut 2011 année internationale des forêts, elle touche au rapport intime que chacun d’entre nous entretient avec ce milieu naturel. Ainsi, j’aime les hêtres de la forêt d’Irati au Pays Basque photographiés par Jérôme Borda, ou plus proche de moi les paysages du Bois de Vincennes dont s’est emparé Jean-François Valantin. Mais pris entre nostalgie bucolique et émotion esthétique, mesurons-nous l’enjeu politique qu’est devenue la forêt, y compris en France ?

Le sommet de Cancun s’est achevé en décembre dernier sur un accord qui marque un progrès dans la lutte contre la déforestation mondiale. Le combat est décisif, tant pour la préservation de la biodiversité que pour la lutte contre le réchauffement climatique. On estime en effet qu’environ 13 millions d’hectares de forêt disparaissent chaque année dans le Monde, provoquant 20 à 25 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, principalement en zone tropicale. Cancun a adopté un premier cadre international pour le dispositif REDD (Reducing Emissions from Deforestation and forest Degradation) qui consiste à amener les pays concernés à protéger leurs forêts en échange de moyens conséquents. Toute référence au marché du carbone a été exclue du texte, au grand dam des lobbies capitalistes. Mais de multiples questions restent ouvertes, notamment sur la dimension sociale du combat contre la déforestation (droits et intérêts des peuples autochtones), rappelant la difficulté récurrente à mettre en œuvre des politiques de développement durable alliant protection de l’environnement et progrès social.

A son échelle, la forêt française aussi recule. En 2008, elle a diminué de 28000 hectares. Il s’agit d’un tournant historique, après une période continue d’accroissement de la surface forestière nationale depuis le milieu du XIXe siècle : de 9 à 16 millions d’hectares, soit aujourd’hui près de 30% du territoire national (4e rang européen). La forêt est principalement victime de l’artificialisation croissante des sols (extension du bâti et des infrastructures), dans une moindre mesure de la reconquête par l’agriculture de certaines surfaces boisées. Elle souffre aussi d’un désinvestissement flagrant depuis une dizaine d’années, qui ne s’explique pas seulement par la déprime due aux grandes tempêtes et aux aléas des prix du bois. L’Office National des Forêts (ONF), qui gère les forêts publiques soit 27 % de la surface forestière,  doit désormais réduire ses effectifs de 1,5% par an et se plier à l’impératif de rentabilité – « produire plus tout en préservant mieux la biodiversité » résumait le Grenelle de l’Environnement. Sur le terrain, les forestiers doivent couper plus de bois, des arbres plus jeunes, et gérer des surfaces toujours plus vastes. Le malaise des personnels est patent, qui s’est traduit par plusieurs suicides, et les syndicats redoutent à terme la privatisation de l’office… 

Pour la forêt aussi, faisons le vœu d’un service public revigoré !

Paradoxalement, ce sont les forêts des métropoles occidentales qui font aujourd’hui l’objet d’un soin maximum. Ainsi dans le 12e arrondissement de Paris, le Bois de Vincennes est une forêt urbaine hautement protégée. Sur les 995 hectares du Bois, la moitié environ est couverte par le massif forestier, le reste étant constitué de prairies arborées, de lacs et rivières, de routes et de divers équipements (INSEP, Cartoucherie, Hippodrome etc.). Non seulement le Bois est un « Espace Boisé Classé à Conserver », mais la Mairie de Paris s’est dotée en 2003 d’une Charte d’aménagement durable du Bois, signée avec les communes riveraines, visant notamment à garantir un espace naturel de qualité propice à la biodiversité. Malgré les multiples usages du Bois liés à ses équipements et à son implantation urbaine, la forêt est préservée et la Mairie travaille même à transformer d’anciennes routes en voies forestières. Parallèlement, depuis 2007, la Ville mobilise ses habitants dans le cadre de l’opération « 1 Parisien, 1 arbre » afin de soutenir financièrement des opérations de reboisement au Cameroun, à Madagascar et en Haïti.

Souhaitons qu’en  2011, les Parisiens nous accompagnent – nous leurs élus – pour développer encore la mise en valeur de notre patrimoine arboricole et forestier.

dimanche 11 avril 2010

Zoo du Bois de Vincennes : de lourdes incertitudes sur le projet de rénovation porté par l’Etat et Bouygues


Article co-écrit avec Catherine Baratti-Elbaz et publié sur www.ps-paris12.net

En pleine campagne des élections régionales, les ministres candidates Valérie Pécresse et Chantal Jouanno annonçaient l’ouverture en 2014 d’un zoo entièrement rénové dans le Bois de Vincennes. Nombreux sont les médias à avoir relayé la signature en grande pompe du partenariat public-privé (PPP) devant permettre la création de ce « zoo du XXIe siècle tourné vers l'écologie et la biodiversité, l'un des plus beaux au monde ! » Nombreux sont les habitants du 12e – et nous en sommes – à envisager cette perspective avec enthousiasme, après avoir connu les années de déclin de cette institution puis sa fermeture en 2008.

Enthousiasme, mais scepticisme aussi… Car de multiples interrogations persistent, sur lesquelles il est temps de revenir, passée la période électorale. L’enjeu est de taille, que l’on songe à l’attachement des Franciliens à ce parc qui a permis à des générations d’enfants la découverte d’une faune spectaculaire ; que l’on mesure aussi l’impact du zoo sur son environnement proche ; que l’on relie enfin ce projet aux enjeux écologiques en cette année 2010 déclarée par l’UNESCO « année internationale de la biodiversité ».

Or c’est d’abord de l’équilibre financier du projet dont il est permis de douter et donc de la pérennité de ce projet. Sur 133 millions d'euros de rénovation, l'Etat doit subventionner le projet à hauteur de 30 millions d'euros. Le reste est financé à travers un contrat de PPP entre le Muséum National d'Histoire Naturelle, dont dépend le zoo, et le groupe Chrysalis mené par Bouygues Construction. Chrysalis qui s'engage à financer, construire et entretenir ce zoo pendant 25 ans et qui recevra, en contrepartie, une redevance annuelle de 12 millions d’euros de la part du Museum, soit le triple de ce que le groupe Chrysalis aura investi ! C’est bien le principal travers du système de PPP dont l’intérêt à court terme – l’afflux de capital privé n’alourdissant pas officiellement la dette publique – est contrebalancé par le coût exorbitant, à long terme, pour la puissance publique.

Officiellement, le niveau de fréquentation du zoo qui permettrait au Muséum de s’acquitter d’un tel loyer est de 1,4 millions de visiteurs par an, dès la première année ! C'est un objectif très ambitieux, qui s'il n'est pas atteint, mettra certainement le Museum en grande difficulté, d’autant que cet établissement scientifique tourné vers la recherche et la diffusion des connaissances, a d’autres missions de service public à assumer. Souhaitons que cette épée de Damoclès n’oblige pas le zoo à développer outre mesure les activités lucratives et festives au détriment de ses missions de service public. D’autant plus que le ticket d’entrée est annoncé à plus de 13 euros ! A ce prix, les franciliens pourraient être davantage tentés par d’autres activités du Bois à l’accès gratuit ou modique (Parc Floral, Ferme pédagogique, aquarium de la Porte Dorée…).

Conçu comme un lieu de protection et de recherche sur la biodiversité, le projet de zoo est indigent quant à son insertion dans son environnement immédiat. Le zoo est pourtant situé dans le Bois de Vincennes, dans le 12e arrondissement de Paris. La Ville s’est dotée d’un Plan Climat extrêmement ambitieux et le Bois fait désormais l’objet d’une charte d’aménagement durable dont les communes riveraines telles que Vincennes sont parties prenantes. Or le contrat de PPP ignore les conséquences en terme de déplacements et de stationnement de la fréquentation prévue du nouveau zoo. Malgré l’arrivée prochaine du tramway, financé à 100% par les collectivités locales de gauche, et faute d’investissement de l’Etat dans les transports collectifs franciliens, la desserte du zoo par les transports collectifs risque de s’avérer insuffisante. Le Bois subira une pression supplémentaire de l’automobile dans un contexte déjà tendu. Pression insupportable pour le bien-être des riverains ; insupportable au regard de la protection de la biodiversité du Bois ; insupportable enfin vis-à-vis des objectifs de réduction par la métropole parisienne de ses émissions de gaz à effet de serre.

Espérons que ce projet de zoo connaîtra un meilleur sort que les candidatures régionales de ses promoteurs Mesdames Pécresse et Jouano et Monsieur Lafon. Ce dernier, Maire de Vincennes et tête de liste UMP dans le 94, a été battu au second tour dans sa propre commune, trois semaines après s’être félicité sans réserve de la signature du PPP avec Chrysalis.

dimanche 4 avril 2010

Biodiversité : échec à Doha, agir à Paris

Si 2010 est l'année internationale de la biodiversité, c'est qu'il y a urgence : la moitié des espèces vivantes que nous connaissons sur Terre pourrait disparaître d’ici un siècle, avec des conséquences graves quant à l'équilibre des écosystèmes et à la fourniture de biens irremplaçables et indispensables à notre survie tels que nourriture, oxygène, matières premières. Hélas, trois mois après l’échec retentissant de la conférence de Copenhague, c’est à Doha qu’à nouveau la communauté internationale a échoué à s'entendre : ni le thon rouge de l’Atlantique, ni l’ours polaire, ni les coraux, ni les requins ne verront leur commerce interdit ou règlementé. En France, le Grenelle de l'Environnement vient de prendre du plomb dans l'aile avec le renoncement du Président de la République à créer un embryon de fiscalité écologique. L’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi Grenelle 2 sera un test, notamment sur les trames vertes et bleues nécessaires à la promotion de la biodiversité.

Mais dans la bataille politique pour l’écologie, les collectivités locales ont aussi leur rôle à jouer. Rien qu'à Paris vivent plus de 2000 espèces de plantes sauvages et de champignons, et autant d'espèces animales ! Notre agglomération, très dense, est surtout un carrefour biogéographique où la préservation de corridors écologiques est un enjeu fondamental, d’ores et déjà pris en compte dans le PLU parisien et par l’adhésion de la Ville à Natureparif. Par ailleurs, Paris met en oeuvre une gestion différenciée de ses espaces verts, parmi lesquels nombreux sont ceux labellisés en gestion écologique.

Avec Michèle Blumenthal, nous avons souhaité que les deux semaines qui viennent soient consacrées à la promotion de la biodiversité dans le 12e. Des opérations concrètes seront lancées telles que l'inauguration d'un pigeonnier square Saint-Eloi et l'installation d'une végétalisation expérimentale place "sans nom" (angle des boulevards Reuilly/ Picpus). De multiples actions artistiques et pédagogiques ("Y'a du monde au lac", le Carnaval des écoles...) nous feront découvrir et mieux comprendre la biodiversité en Ville.

Cette quinzaine permettra en outre le lancement dans le 12e du plan parisien pour la préservation et le renforcement de la biodiversité. Ce plan fait l'objet d'une démarche participative incluant des ateliers citoyens autour d'un secteur pilote dans notre arrondissement. Il aboutira à la rédaction d'un livre blanc et au vote d'une délibération en Conseil de Paris. La présentation de ce plan aura lieu le mardi 13 avril à 19h00 à la Mairie du 12e en présence de Fabienne Giboudeaux, adjointe au Maire de Paris chargée des espaces verts. Ce sera aussi l'occasion de recruter des habitants volontaires pour participer à cette démarche.

Pour plus d’information :
- ma communication au dernier conseil d’arrondissement
- le programme complet de la quinzaine sur le site de la Mairie du 12e
- le dossier biodiversité sur le site de la Ville de Paris

mercredi 3 décembre 2008

Un square Léo Ferré dans le 12e


Le 17 novembre dernier, le Conseil d'arrondissement du 12e a approuvé à l'unanimité l'attribution du nom "Léo Ferré" au nouveau square situé dans le secteur Brûlon-Citeaux. Voici le texte de mon intervention :


Mes chers collègues,
avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va

on oublie les passions et l'on oublie les voix


Cette voix qu’on ne veut pas oublier, c’est celle de Léo Ferré. Auteur, compositeur, interprète, Léo Ferré restera comme un poète de langue française marquant du XXe siècle. Dans ces textes, il mêle le lyrisme et l’argot, l’amour et l’anarchie. Son œuvre est immense, diverse, puissante. On y trouve des chansons qui célèbrent l’amour, chansons romantiques et gouailleuses, chansons érotiques, ou chansons tristes, nostalgiques. On y trouve des textes plus hermétiques aussi, envoûtants.

Et on y trouve des textes politiques bien-sûr ; quand Léo Ferré chante « ceux qui ont gueulé si fort, qu’ils peuvent gueuler encore », les anarchistes ; quand il célèbre son ami l’Espagnol de la rue de Madrid ; quand il réveille Allende ; quand il chante Aragon, "l’Affiche rouge", souvenez-vous :
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos « Morts pour la France »
Et les mornes matins en étaient différents

Et puis, pour reprendre l’interrogation de Pascal Boniface, dans une tribune publiée en février dernier : Y a-t-il beaucoup d’artistes qui ont consacré autant d’odes joyeuses, gouailleuses, tendres ou nostalgiques à Paris ? Et j’invite chacun à réécouter "A Saint-Germain-des-Prés", "les Parisiens", "A la Seine", "Paris spleen", "le Flamenco de Paris", "l’Ile Saint-Louis", "Quartier latin" et bien sûr "Paris canaille", et puis "Paname" :
Paname
Si tu souriais j'aurais ton charme
Si tu pleurais j'aurais tes larmes
Si on t'frappait j'prendrais les armes
Paname

Il est donc temps que Paris lui rende la pareille, dans le 12e, au cœur du Faubourg Saint-Antoine, dans ce quartier d’Aligre encore un peu canaille, loin du Paris rupin. C’est là qu’a ouvert cette année le jardin Brûlon Citeaux. Laissez-moi, chers collègues, vous décrire ce havre de paix au cœur du Paris prolo. Installé sur les vestiges d’une cité d’artisans travaillant le bois et le métal, ce jardin s’insère dans une nouvelle opération urbaine comprenant un Hôtel artisanal, dédié aux artisans du meuble et aux métiers de haute technologie, une crèche et quelques bas immeubles de logements sociaux.

C’est un petit jardin forestier tout en longueur. On y chemine par une allée centrale qui serpente , tels « les chemins de traverse » de la solitude chantée par Léo Ferré. De chaque côté du sentier, des buttes de terre forment des vallonnements ponctués d’arbres et d’arbustes de toute sorte. Au centre, de part et d’autre d’un ponton en chêne, une mare apporte de la fraîcheur au jardin. Cet ensemble, aux grilles basses, largement ouvert sur le voisinage, comprend aussi une aire de jeux pour enfants, deux parcelles pédagogiques et un jardin partagé confié à l’association « La Commune libre d’Aligre » dont Léo Ferré n’aurait probablement pas renié l’état d’esprit. Bref, ce jardin, a tout d’un jardin Léo Ferré.

Soyons lucide, chers collègues. Cette apparition de Léo Ferré dans l’espace public parisien ne bouleverse pas l’ordre des choses. Elle n’est pas une révolution. Elle n’est qu’un petit hommage, elle n’est que justice rendue au grand poète. Car plutôt que les petits jardins, ce sont les grands chants qui font les révolutions, et pour reprendre les mots de Léo Ferré :

Avec nos avions qui dament le pion au soleil. Avec nos magnétophones qui se souviennent de " ces voix qui se sont tues ", avec nos âmes en rade au milieu des rues, nous sommes au bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande, à regarder passer les révolutions

N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale, c'est que c'est toujours la Morale des autres.

Les plus beaux chants sont les chants de revendications

Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.
A L'ECOLE DE LA POESIE ET DE LA MUSIQUE ON N'APPREND PAS
ON SE BAT !